Société
Mort de Nahel : à Pessac, le poste de police incendié rouvre dans un quartier toujours sous tension

Vingt mois après avoir été incendié dans la nuit du 29 au 30 juin 2023, le poste de police de proximité de la Châtaigneraie, à Pessac, en Gironde, a rouvert ce lundi 1er avril. Ce bâtiment public avait été visé au cœur d’un épisode de violence urbaine sans précédent, déclenché après la mort de Nahel Merzouk, un adolescent de 17 ans tué par un policier à Nanterre, lors d’un refus d’obtempérer.
Cette réouverture s’inscrit comme un symbole fort de la reconstruction progressive de ce lieu, classé en Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville (QPV). Elle ravive aussi les tensions persistantes entre population et institutions.
Une priorité politique pour la municipalité
Pour le maire de Pessac, Franck Raynal, la remise en service de ce poste de proximité était une urgence municipale.
« C'était une priorité absolue pour le quartier, pour la ville de Pessac, pour l'ensemble de Pessac. Particulièrement ceux qui habitent dans ce quartier. »
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Malgré la fermeture du poste, les agents ont continué à occuper le terrain. Un policier témoigne dans la vidéo de Sud Ouest : « On va pouvoir les conseiller, les orienter. Et puis après, selon leurs demandes, ça peut amener à des interventions de la police municipale dans le quartier. ».
Derrière cette réouverture se cache une reconstruction complète du poste, qui avait été totalement ravagé par les flammes. Les travaux, dont le coût n’a pas été communiqué, ont nécessité près de deux ans. Le bâtiment flambant neuf est désormais opérationnel pour accueillir les effectifs de police et le public.
Des habitants partagés face au retour du poste
Sur place, la réouverture ne fait pas l’unanimité. Le souvenir des émeutes est encore vif. Et la relation à la police divise.
« Ce que demandent les locataires sur la cité, c'est une présence policière qui soit vraiment dans le quartier. Parce que s'ils restent confinés dans un bureau, ce n'est pas ce que demandent les locataires », estime un habitant interrogé dans le reportage.
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« Je trouve que ça ne sert à rien. Parce qu'ici il n'y a pas de délinquance. Il faut faire ça dans d'autres quartiers », affirme un autre.
Un retour de l’État dans les quartiers ?
En 2023, plus d’une cinquantaine de commissariats et postes de police avaient été dégradés ou incendiés à travers le pays. La réouverture de celui de Pessac s’inscrit dans un mouvement de reconquête républicaine des territoires, selon les termes utilisés à plusieurs reprises par l’exécutif depuis 2023.
Mais sur le terrain, aucune nouvelle politique de sécurité de proximité n’a été annoncée pour accompagner cette réinstallation. Le poste reprend simplement ses activités habituelles, dans un climat de prudente distance entre forces de l’ordre et habitants.
À lire aussi : La mère de Nahel fait polémique sur France 5 après l’annonce du procès pour meurtre

1 commentaire
vert10
Seul la dechéance de la nationalité française pour les binationaux délinquants est l'unique solution
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